Les nouveaux chouchous du rock britannique ont lancé cette année leur troisième album studio, Humbug, peu de temps après la sortie de leur Cd/DVD live, Live at the Apollo. Avec Humbug, on peut dire que le jeune quatuor nous offre quelque chose de délibérément différent. Le son général de l’album est à la fois rétro et moderne, à la différence de Favourite Worst Nightmare, qui était beaucoup plus actuel et vibrant.

Je dois être honnête, les trois premières écoutes de l’album m’ont déçues. Non pas par sa qualité qui est loin d’être médiocre, mais seulement pour la marge qui s’est établie entre ce nouvel opus et le matériel précédant des Arctic Monkeys. Sur Humbug, on perd le côté joyeux et dansant du rock britannique, qui était si dominant sur les autres albums; les mélodies sont plus matures, moins légères, tout comme les paroles. Il m’a fallu m’habituer à cette nouvelle image du groupe, qui se veut être beaucoup moins joviale qu’autrefois. Les raisons de ce changement de style me sont inconnues, mais j’imagine que la célébrité grandissante des jeunes musiciens et que leurs probables abus de substances les y ont amené. À noter que les paroles sont le miroir de ce qu’elles furent autrefois; si Alex Turner scandait  » I bet that you look good on the dance floor!  », maintenant il se tient plutôt loin de la séduction et semble brisé par les méfaits de celle-ci;  » Your past-time consisted of a strange, and twisted and deranged, I hate that little game you have called crying lightning… »

Une fois le premier  »rush » intellectuel passé, une fois le cerveau accoutumé au nouveau son (à noter qu’une telle période d’ajustement ne s’effectue pas dans le cas de nouveaux fans; c’est pour les anciens que c’est difficile), l’album se révèle être un joyau en son genre, genre qui est plutôt mal défini et vague, genre que les Arctic Monkeys tentent de faire naître et sur lequel ils comptent pour se propulser au sommet. La maturité y est de guise, et les influences ont grandement changé. Humbug s’éloigne des standars établis par The Strokes, The Vines et autres précurseurs du garage rock revial; on y retrouve des traces de Jimi Hendrix, pour le côté planant, et j’irais même jusqu’à dire de vieux doom rock (Black Sabbath par exemple), par la lenteur des tempos et le son amorti et distortionné de la guitare.

Fait majeur à noter: l’album a été produit par Josh Homme, le leader de Queen of the Stone Age, ce qui rajoute un côté sombre et psychédélique à l’album.

Ma note: 7.8/10

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