Est arrivé cet instant de l’année où je laisse couler ma plus pure subjectivité en dressant un palmarès de mes albums préférés parus ces douze derniers mois. Et non, Kanye West n’y est pas. Vous savez tout comme moi que chez musixplore, on fait les choses à notre propre manière, avec une oreille tournée sur tous les horizons. Ainsi, nul paradigme musical rigide ne sera entretenu ici, les albums choisis oscillant du rock à l’électro, en passant par la chanson québécoise et le disco. Les choix furent, comme à l’habitude, déchirants, et c’est pourquoi je me suis cette fois permis d’inclure quelques mentions spéciales, qui auraient pu être du palmarès, mais que j’ai dû exclure vu le nombre trop élevé d’albums de qualité parus cette année. Ces titres ne sont donc pas des grands oubliés, disons simplement que l’humeur du jour de l’auteur les a exclus de manière ingrate du palmarès annuel.

Ainsi, pour faire bref, les absents honorables sont : August Burns Red (Rescue & Restore), The Besnard Lakes (Until In Excess, Imperceptible UFO), Bonobo (The Northern Lights), Boards of Canada (Tomorrow’s Harvest), Junip (Junip), RJD2 (More Is Than Isn’t), Saez (Miami) et The Strokes (Comedown Machine).

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Voici donc, mes chers amis, en ce temps de grâce et de bonheur, le tant attendu top 13 – 2013 de musixplore!

 

mononc serge

13) Mononc’ Serge – Pourquoi Mononc’ Serge Joues-tu du Rock’n’roll?

Le retour de Mononc’ Serge s’est effectué non pas dans le rock ou le métal, mais plutôt dans un appareil plus simple, peut-être même originel : la chanson. Délaissant les guitares électriques criantes au profit des influences country ou manouche, Mononc’ Serge nous invite dans un univers lyrique à la fois disjoncté et sérieux, débile et intelligent, mesquin et sympathique… du grand Mononc’! On sent définitivement un retour aux sources avec cet album, les mots revenant au premier plan et la musique ne servant plus ou moins qu’à soutenir ces derniers. D’ailleurs, c’est pour la qualité de l’ensemble et la finesse des textes, et non pour la stricte musique, que l’album se retrouve ici en treizième position du palmarès annuel. Comme à l’habitude, la poésie sert le satyre, les sujets écorchés par le chanteur oscillant encore entre la critique sociétale et le ridicule. À voir en spectacle, avec son trio acoustique!

(À lire : notre billet sur le lancement de son album en mai dernier)

 

 

Bigbang - the oslo bowl

12) Bigbang – The Oslo Bowl

Le hasard nous amène parfois à faire de très intéressantes découvertes… Errant sur les Internet, j’eu la chance d’atterrir sur la chanson ‘’Like Americans Do’’ du groupe norvégien Bigbang, qui m’accrocha rapidement. Confondant folk et rock d’une manière nous rappelant les années 1970, avec des paroles sensées et des ambiances chaleureuses, la première pièce de l’album ‘’The Oslo Bowl’’ ouvre majestueusement cette compilation de chansons aux accents variés et distincts. On peut affirmer que la première moitié de l’album est également sa meilleure, les cinq titres d’ouverture étant particulièrement accrocheurs, errant dans les zones communes du folk, de la britpop et du rock. S’en suit un changement d’ambiance, où le folk prend définitivement le relai, nous conduisant dans un univers cette fois plus détendu, calme, harmonieux, mais moins intéressant. On y trouve néanmoins aussi de grands moments, notamment avec la pièce bluesy du nom de ‘’Black Lights’’. Fait intéressant, il s’agit du neuvième album du groupe, fondé au milieu des années ’90.

 

 

Pawa-Up-First-Missing-Time

11) Pawa Up first – Missing Time

Que dire de ‘’Missing Time’’, le nouvel album de Pawa Up First? Rien de négatif, ça c’est sûr! Le groupe montréalais nous est revenu avec un vrai petit bijou de musique instrumentale, combinant le post-rock à toute une panoplie d’influences musicales, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Une production de qualité, des ambiances allant du planant au sympathique, une finesse musicale dure à battre : Pawa Up First n’a rien perdu avec le temps, bien au contraire! ‘’Missing Time’’ nous démontre que oui, la meilleure musique, elle vient de chez nous! Qu’on découvre ou qu’on redécouvre le groupe, le résultat reste le même : fascination, admiration, contemplation. Un bijou!

 

 

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10) Arcade Fire – Reflektor

Presque tout a déjà été dit sur le nouvel opus d’Arcade Fire, acclamé par la critique mondiale. Un album concept qui nous plonge dans des univers musicaux jusque-là inexplorés par le célèbre groupe, alliant le traditionnel son indie-rock à des influences caribéennes et disco. Arcade Fire vous fera danser, mais aussi planer; c’est une épopée musicale, une expérience auditive des plus agréables. On est ici loin de ‘’The Suburbs’’ : on évolue, on mute, on change. L’expérience et la renommée acquises ces dernières années par le groupe, notamment par la victoire aux Grammys dans la catégorie ‘’Album de l’année’’, lui a forgé un caractère musical plus mature et plus complet. Définitivement un des albums les plus intéressants de l’année!

 

 

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9) Atoms for Peace – Amok

Que se passe-t-il lorsque le chanteur de Radiohead, Thom Yorke, réunit Flea, bassiste des Red Hot Chili Peppers, Nigel Godrich, producteur de Radiohead, Joey Waronker, batteur de Beck et de R.E.M., et Mauro Refosco, percussionniste brésilien? Il en résulte un album électronique de la plus grande qualité, une sorte de Radiohead plus nostalgique et plus obscur, où les ambiances à tendances psychédéliques et mélancoliques s’enchaînent avec grâce. Pour les initiés de l’œuvre de Thom Yorke, on peut affirmer qu’avec ‘’Amok’’, le Britannique nous offre une suite bien léchée de son album solo ‘’The Eraser’’, paru en 2006. Or, les différences sont notables : ‘’Amok’’ est plus poussé, plus profond, ses sonorités sont plus travaillées et plus électroniques, nous permettant de plonger encore plus profondément dans l’esprit génial et tordu de Thom Yorke. Si l’album d’Atoms for Peace n’est définitivement pas pour tout le monde, je suis convaincu que ceux qui l’apprécieront le feront sans limite.

 

 

Misteur-Valaire-Bellevue

8) Misteur Valaire – Bellevue

Ça y est! Directement de Sherbrooke, le très aimé groupe Misteur Valaire se ramène avec un nouvel album de feu, ‘’Bellevue’’! S’éloignant un peu de la sonorité pop de ‘’Golden Bombay’’ pour renouer avec ses racines électroniques, Misteur Valaire y va dans toutes les directions sur ce quatrième opus. S’ouvrant sur une magnifique pièce électro digne des plus grands DJs européens, l’album enchaîne l’électro-rock, le lougne, la pop, dans un cocktail artistique des plus alléchants. Ce n’est toutefois d’aucune manière un retour en arrière vers un son similaire à ‘’Friterday Night’’, mais au contraire une forte évolution vers l’avant, une sorte de couronnement du parcours musical du groupe. Définitivement un de mes albums préférés de l’année, on y trouve plusieurs moments forts, dont les titres ‘’Bellevue Avenue’’, ‘’Known by sight’’, ‘’La nature à son meilleur’’ et ‘’El Kid’’. Une musique à absorber sans modération!

 

 

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7) Andrew Bayer – If It Were You, We’d Never Leave

C’est l’heure de laisser tomber tous vos vieux préjugés contre la musique électronique, que vous appelez peut-être avec dédain du ‘’boom-boom’’, et d’ouvrir vos sens à un artiste qui nous prouve une fois de plus la qualité de son œuvre et le génie de son travail : j’ai nommé Andrew Bayer. Son deuxième album, ‘’If It Were You, We’d Never Leave’’, est un véritable bijou en son genre, alliant un caractère trance/downtempo avec des influences variées et riches, nous faisant vivre un voyage émotionnel intense. On est en effet loin des dancefloors et des clubs où le techno et le house sont rois; ici, c’est une musique électronique délicate et bien léchée, un vrai travail de maître, à laquelle nous avons droit. Seize titres s’enchaînant avec délicatesse et vigueur, des moments forts à n’en plus finir et des escapades euphorisantes ponctuées de magnifiques voix féminines. Définitivement un grand album, une œuvre à part entière qui s’alliera parfaitement avec vos moments de détente, de bonheur ou même d’études.

 

 

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6) Arctic Monkeys – AM

Les chouchous britanniques du rock nous ont gâté avec un excellent album cette année, conservant une certaine ligne musicale avec les deux précédents opus tout en innovant vers un son plus rafraîchissant. Pour plus de détails sur ‘’AM’’, lisez ma critique complète ici!

 

 

 

 

 

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5) Streetlight Manifesto – The Hands That Thieve

Tomas Kalnoky et ses comparses de Streetlight Manifesto nous ont livré cette année un album des plus revigorants. Lisez ici ma critique complète de cet album majestueux et surtout, n’oubliez pas de fouiller en ligne pour trouver la version alternative de l’album, The Hand That Thieves, par Toh-Kay (surnom de Kalnoky), qui vous permettra d’apprécier les dix titres dans une sonorité acoustique. Du grand Kalnoky!

 

 

 

moby - innocents

4) Moby – Innocents

Fidèle à lui-même, confortable mais innovateur, Moby frappe gros avec son onzième album, Innocents. Dans la même veine que ses précédents opus, mais avec un style plus raffiné, Moby se montre généreux, nous offrant une création artistique des plus réussies. Ouvrant la porte à la collaboration, mais n’ayant pas besoin d’inclure d’artistes de renommée internationale pour mousser ses ventes, le multi-instrumentaliste invite ainsi Cold Specks, Skylar Grey, Wayne Coyne (The Flaming Lips) et quelques autres artistes de talent. L’ambiance est pure, du vrai Moby, oscillant entre l’électro et la pop, ornée de séquences atmosphériques à la fois répétitives et progressives. Quelques samples gospel et la présence majestueuse et épique d’une section de cordes (violons, violoncelles…) couronnent habilement cet opus incontournable, qui se veut être une pièce magistrale, un recueil musical dont on ne se lasse pas.

 

 

QOTSA - like clockwork

3) Queens of the Stone Age – …Like Clockwork

C’est après six ans de silence que Queens of the Stone Age revient avec un sixième album, à la hauteur de toutes nos attentes, et même plus. Comme j’ai déjà largement détaillé ce nouvel opus, je vous invite à lire ma critique complète de l’album ici!

 

 

 

 

portugal the man - evil friends

2) Portugal. The Man – Evil Friends

Qu’arrive-t-il lorsqu’un groupe rock alternatif comme Portugal. The Man rencontre le célèbre producteur et musicien Danger Mouse? Il en résulte un album d’une qualité impressionnante, où le groupe et l’artiste unissent leurs forces pour le meilleur et pour, ici absent, le pire. On reconnaît immédiatement le son propre aux productions de Danger Mouse, tout comme Portugal. The Man réussit à se démarquer, notamment grâce à la voix de John Gourley, qui reçut en 2008 le titre du meilleur vocaliste de l’année selon le magazine Alternative Press. ‘’Evil Friends’’ nous fait ainsi tomber sous un double charme à chacune de ses écoutes, les fans de l’un ou de l’autre des artistes impliqués tout comme les néophytes pouvant immédiatement y trouver quelque chose de plaisant et d’addictif. C’est un album à écouter en boucle, se voulant à la fois un hymne pop à la jeunesse et une claque dans la face à tous ceux qui croient encore aujourd’hui que pop rime nécessairement avec facile. Car qui dit accrocheur ne dit pas banal, et Portugal. The Man nous le prouve, conciliant à merveille le catchy et le typique, le fancy et l’unique. Sur ‘’Evil Friends’’, on ne se gêne surtout pas d’aller puiser dans une large variété de vagues rock, que ce soit en s’inspirant du rock alternatif et du grunge des années ’90 (Hip Hop Kids), de la britpop-à-la-Blur (Evil Friends, Someday Believers) ou encore de la nouvelle vague de rock-psychédélique, portée par des groupes comme MGMT et Tame Impala. Notez également que les ressemblances avec Broken Bells sont latentes, ce qui ne déçoit ni n’étonne, vu la présence de Danger Mouse. C’est donc avec une finesse grandiose, grandement explicable par le travail de maître réalisé en studio, que Portugal. The Man se glisse cette année en deuxième position du palmarès musixplore!

 

 

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1) Daft Punk – Random Access Memories

Probablement une des meilleures productions musicales que ce monde n’ait connu, par une qualité et une profondeur inégalées, ‘’Random Access Memories’’ du duo français Daft Punk est sans hésitation mon album favori de 2013. C’est un retour en force pour Daft Punk, qui s’éloigne d’un son purement électronique pour élargir ses horizons vers le funk. Une musique riche, des arrangements somptueux, des contributions éclatantes : tout est en la faveur de ce petit chef-d’œuvre, dont la qualité première est sa grande diversité. Difficile en effet d’étiqueter de façon pertinente ‘’Random Access Memories’’; croire qu’il s’agit d’un album funk en se basant sur les singles ‘’Get Lucky’’ et ‘’Loose Yourself to Dance’’ serait une aberration, la palette musicale explorée étant en réalité des plus vastes. Des titres grandioses comme ‘’Giorgio by Moroder’’ et ‘’Contact’’ nous entraînent bien au-delà de nos attentes, nous entraînant dans un univers interstellaire épique. D’autres pièces comme ‘’Instant Crush’’ (avec Julian Casablancas, chanteur du groupe The Strokes), ‘’Beyond’’ et ‘’Fragments of Time’’ sont plutôt de petits bijoux pop, constitués d’arrangements et d’effets si judicieusement sélectionnés qu’on croirait y entendre le travail d’un ange. S’il est évident que ‘’Random Access Memories’’ est une cassure avec le travail précédent de Daft Punk, il est tout aussi clair qu’il s’agit d’un nouveau départ incroyable, d’une lancée vers des horizons plus larges et plus fascinants. Je n’ai toujours pas réussi à me lasser de cet album, et je doute que j’y parvienne un jour. Car entre nous deux, c’est pour la vie.

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