La présente critique musicale n’a rien d’ordinaire, étant plus un pamphlet de voyage qu’une vulgaire opinion sur un album. Car oui, Junip, le plus récent album du groupe du même nom, nous amène aux quatre coins du monde, nous permettant de visiter une palette incroyable d’atmosphères musicales sans justement nous faire tomber dans ce style qu’on appelle « musique du monde ». Car non, Junip n’est pas un groupe de world, mais plutôt ce qu’on qualifie banalement de indie/folk/pop. Ne vous méprenez pas, comme vous le constaterez, une telle simplification s’avère réductrice, et l’album ne peut en aucun cas être résumé en un seul style de musique.

Cela fait déjà trois ans que Junip a lancé son premier album studio, Fields. Usant du même genre de figure de styles que son prédécesseur, le deuxième opus du groupe suédois est une totale réussite, un petit bijou de beauté. S’ouvrant sur Line of Fire, une pièce ressemblant étrangement à une version européenne de Daniel Bélanger, on poursuit avec Suddenly, pièce douce et rythmée ornée de guitares classiques et de synthétiseurs floydiens, de toute beauté. So Clear, de son côté réussit parfaitement à marier l’Americana et le rock progressif; on y ressent une belle énergie, teintée d’une touche flowerpower. La quatrième piste, Your Life Your Call, en est une d’indie pop à son meilleur, rappelant vaguement le groupe Broken Bells. Vilain, de son côté, va jouer dans les plates-bandes des Black Keys et des Queens of the Stone Age, avec une influence psychédélique à la Tame Impala. Une sorte de stoner-pop-rock-psychédélique… exquis!

Comme vous le constatez, rendus ici à la moitié de notre voyage, nous avons réussi à passer à travers cinq ambiances différentes, chacune d’entre elles ayant parfaitement sa place, nulle n’étant superflue ou dérangeante. Le reste de l’album continue en ce sens; Walking Lightly, sixième morceau de l’album s’étirant sur près de six minutes, nous fait vivre des moments féériques, dans une ambiance presqu’indescriptible, où l’Occident semble rencontrer l’Orient d’une manière sublime. C’est presqu’une méditation à part entière, un hymne à la beauté et à la vie. S’en suivent Head First, une très belle pièce à saveur folk mélancolique, et Baton, où la basse répétitive, les rythmes et les sifflements parviennent presqu’à nous faire oublier les accords de guitare à-la-Pawa Up First. C’est du joli, c’est bien ficelé. Le tout se termine sur Beginnings, sorte de folk ambiant, et After All Is Said And Done, qui a tout pour nous rappeler le duo Air. Du génie.

Décidément, les gars de Junip ont tout pour nous surprendre et surtout, pour nous plaire. Ils réussissent haut-la-main la fatidique épreuve du deuxième album, et nous attendons déjà avec impatience le suivant!

Ma note : 8/10

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