Erik Truffaz & Murcof – Mexico (2008)

Erik Truffaz & Murcof – Mexico (2008)

Jean-François

janvier 22nd, 2012

0 Comments

Dans la vie, il y a des expériences qui ne s’oublient pas. L’écoute de l’album Mexico, fruit d’une collaboration outre-mer du grand, du célèbre, du fantastique trompettiste franco-suisse Erik Truffaz et du DJ mexicain Fernando Corona, connu sous le nom de scène de Murcof, fait partie de ces moments forts qu’on veut continuellement revivre. Attention: Mexico n’est pas du tout dans la trempe originelle de Truffaz; par contre, ceux qui connaissent l’oeuvre de ce Miles Davis des temps modernes savent à quel point elle est large, ouverte et malléable, si je puis dire. Truffaz joue avec les styles, passant du jazz plus classique au jazz-rock fusion, et chaque album est toujours une découverte en soi. Or, ici, la découverte va plus loin qu’à l’habitude: oubliez les standards acid et bebop, Mexico s’éloigne du jazz pour nous faire vibrer au son d’une musique tout à fait originale.

Au programme: un peu moins d’une demi-heure de pur orgasme auditif, réparti de manière non-symétrique sur trois morceaux. Chacune des parties de cette petite trilogie musicale occupe sa place avec trio, que dis-je, avec brio, et c’est un voyage au coeur du désert que nous offrent les deux musiciens. Tout commence par Al Mediodia, une pièce rythmée et intrigante, qui nous plonge immédiatement dans une ambiance surréaliste. Une longue progression rythmique de Murcof, soutenue par des sons langoureux de trompette, nous conduisent finalement aux deuxième morceau, Good News From the Desert. Littéralement la pièce de résistance de l’album, cette épopée grandiose de onze minutes ne vous laissera pas de glace; il s’agit de quelque chose de gros, de quelque chose de cinématique, d’épique, de génial. Usant de son style unique et d’une technique bien à lui, Truffaz vous fera dresser le poil sur les bras avec les sons incroyables qui sortent de sa trompette. C’est magique, pendant un moment on dirait carrément une guitare électrique. C’est un long crescendo d’émotions qui nous est offert, crescendo nous conduisant à des sommets vertigineux; on redescend ensuite doucement, comme on est monté.

On aboutit finalement à la dernière étape du voyage, Avant l’aube. Encore un morceau délicieux, beaucoup plus calme mais tout aussi intrigant. Une ambiance de grandiosité se fait encore sentir, le voyage se termine réellement en beauté. Malheureusement, les mots manquent pour expliquer toute l’émotion et le génie derrière cet album, aucune classification que je ne connaisse n’arrivant à définir le style-même de celui-ci. C’est un mélange interculturel, un croisement de saveurs mexicaines et européennes, ça a quelque chose de tellement humain et vrai, impossible de ne pas aimer.

Tout le génie musical de Truffaz se déchaîne sur Mexico, bercé par les ambiances de Murcof, et je ne peux m’empêcher de le réécouter sans cesse. Un bijou, un vrai, comme il s’en fait peu.

Ma note: 10/10

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *