Marilyn Manson – Antichrist Superstar (1992)

Marilyn Manson – Antichrist Superstar (1992)

Pierre-André Lelièvre

mars 4th, 2010

2 Comments

Tranche de vie : l’an est 1992, j’ai 9 ans, j’écoute le groupe New Kids on the Block sur ma radio cassette, influencé que je suis par ma sœur plus vieille. Puis, faisant irruption dans ma chambre, ma sœur remplace ma cassette de NKOTB par une autre en me disant : «Tient, écoute ça. Ça, c’est de la vraie musique ». Je m’en souviens encore comme si c’était avant ma dernière grosse brosse, c’était une cassette toute noire avec une bande autocollante blanche sur laquelle étaient écrits, en bleu, les mots suivants: Nirvana – Nevermind.

Le dossier que je vous propose ne concerne cependant pas le mythique album du début des années 90 grâce auquel j’ai découvert la musique. Mais je considère que si je n’avais jamais écouté Nevermind, je n’aurais sans doute pas été capable d’apprécier la musique comme je l‘apprécie maintenant et jamais je n’aurais été capable d’écrire une suite d’article sur celui qui fût ma première idole : Marilyn Manson.

Tous les artistes de renommée ont une période géniale qui définit l’ensemble de leur carrière. Une séquence d’album qui reste gravée dans l’histoire. Pour Metallica c’était la suite : Ride the lightning, Master of Puppets et …And justice for all. Pour Pink Floyd c’était : Dark Side of the moon, Wish you were here, Animals, The Wall. Pour Marilyn Manson, bien que l’œuvre soit bien moins majeure que celle des deux groupes précédents, c’était la séquence qui débutait en 1996 avec l’album : Antichrist Superstar, qui se poursuivait ensuite avec l’album de 1998 : Mechanical Animals et qui se termine avec l’album de 2000 : Holy Wood (in the shadow of the valley of death). Ce que je vous proposerai donc au cours des prochaines semaines (ou mois…procrastination oblige) est une série de petites critiques mettant en contexte et analysant l’œuvre de Marilyn Manson de 1996 à 2000.

Quand j’avais 12 ans, un jour à Musique Plus (dans le temps ou il y avait encore de la musique a MUSIQUE plus) a été présenté le clip de la chanson : The Beautiful People. Mes jeunes oreilles furent immédiatement impressionnées par le rythme militaire et l’impression de puissance qui se dégageait de la chanson. Je me suis donc précipité au magasin pour acheter l’album (on achetait encore de la musique chez les disquaires à l’époque. Encore plus étonnant : il y avait un disquaire à Chandler à l’époque.) Pour mettre un peu de contexte dans le présent récit j’ajouterai le détail suivant : le seul autre album que j’avais acheté dans ma vie jusqu’à ce jour là était un album du groupe Les Maillots bleus. (Google it).

À l’époque j’étais très loin de me douter que j’avais mis la main sur ce qui allait être considéré plusieurs années plus tard comme un chef-d’œuvre du rock industriel. À l’époque j’étais loin de me douter que Manson allait devenir l’un des frontman les plus controversés des années 90. Le Ozzy Osbourne de ma génération. J’étais loin de me douter que son acolyte Twiggy Ramirez (Jordie White) allait plus tard aussi jouer dans A Perfect Circle et Nine Inch Nails. À l’époque je ne savais même pas qui était le gars au nom étrange qui avait produit l’album, un certain Trent Reznor.

Cependant, ce que je réalisais à l’époque c’est que Manson me criait, de sa voix qui n’était pas encore ravagée par l’alcool et les vagins sales de putes à 10$ à l’époque, dès l’ouverture de l’album avec Irresponsible Hate Anthem un slogan en fin de chanson qui allait rester graver dans ma mémoire a jamais : « I wasn’t born with enough middle fingers, I don’t need to choose a side ». Le monde est rempli d’injustice, tellement que, même si on y appliquait toute notre vie, on n’arriverait à ne régler que 0.001% du problème. Oh, je n’ai rien contre ceux qui militent et je supporte toutes les causes humanitaires…j’ai donné 10$ à Haïti, et vous ? Mais tout ça pour dire que, même malgré ces stratagèmes conçus uniquement pour se donner bonne conscience et remplir les poches de 2-3 banques, ça sert à quoi tout ça? Est-ce absolument nécessaire de prendre parti ? N’est-il pas déjà assez dur de simplement vivre sa condition d’homme ? C’est en plein ce qu’expose l’album Antichrist Superstar, il n’existe point de rédemption en ce bas monde « you can’t save yourself » et l’ange exterminateur arrive pour tous vous faucher. Non, vraiment. Analysez les paroles de l’album et la musique. Vous allez voir. 1. Pas de rédemption. 2. L’ange s’en vient.

Changement de paragraphe, l’autre s’en venait trop long. Donc, comme on disait plus haut, avant cet inutile saut de paragraphe et cet interminaaaaaaaable interruption, l’album Antichrist Superstar traite de thèmes apocalyptiques. Plus on s’y intéresse et plus l’album semble nous raconter une histoire. L’histoire de l’autodestruction d’un homme qui réalise que tout est perdu. « The boy that you loved is the man that your fear » Cependant, quand j’avais 12 ans, j’étais loin de savoir que cet album était en fait la conclusion d’une trilogie qui allait être lancée en commençant par la fin et finissant par le début. Autrement dit, les albums sont sortis dans l’ordre donné au début de l’article (suivez-vous ?), mais l’histoire que couvre ces trois albums concepts commence avec l’album Holy Wood et finit avec l’album Antichrist Superstar. Me suivez-vous ? Non, mais sérieusement. Me suivez-vous ? Parce que moi je viens d’ouvrir ma 6e bière, j’ai pris 3-4-12 pof, pis je suis capable de suivre. Faites un effort les enfants s’il vous-plaît.

La pièce la plus puissante est sans doute The Reflecting God, cette chanson raconte l’histoire du désenchantement. Comme l’enfant qui ne croit plus au père Noël, l’adulte qui voit tous ses amis succomber au microbe qu’on appelle « la vraie vie » et voit que lui-même n’y est pas épargné, qu’il est mortel lui aussi. Manson compare la vie de ces gens à des cigarettes qui se consument tranquillement et leur dit « You’ve only spent a second of your lives ».  Ces gens qui prônent le travail par-dessus tout, ou leur Dieu par-dessus tout. À ces gens-là Manson rappelle que malgré tous leurs efforts : « No Salvation, No Forgiveness ». Nous devons tous vivre notre condition d’homme, autant la vivre au mieux que nous puissions le faire. N’est-ce pas ainsi que parlait Zarathoustra ?

En conclusion, trois choses :

1-    Écoutez Antichrist Superstar, chef-d’œuvre de rock industriel.

2-    Lisez Nietzsche

3-    Deuxième partie : Mechanical Animals bientôt

2 Comments

  1. Ton article me fait peur bien que je suis d’accord avec Manson sur la question de la vie et sa réponse. Tu es fort doué pour dire ce que ta à dire. 1000 mots, 8 paragraphe… Qu’importe j’ai été passionné par la lecture de ceux-ci et j’ai hâte d’avoir la suite.

    Et quelques petites chose à faire valoir et appuyer : Nirvana a été le prédécesseur de Scorpions pour me faire découvrir la musique; Les séquences d’albums de Metallica et Pink Floyd sont effectivement vraies; Musiqueplus est effectivement une dompe à pop et a pute; Je suis convaincu que le disquaire à Chanleur est un esti de trippeux de musique pour être disquaire la bas; Belle comparaison avec Ozzy; Et oui enfin je suis mais je sais pas pour els autres, serait bien qu’ils commentent à leur tour !

    Merci Pyrrr pour l’article j’adore !

  2. Super album, à qui je dois mon amour du métal (en combinaison avec une base solide black sabbath, scorpions, nirvana et AC/DC). J’ai hâte de voir le lien trilogique entre les 2 albums suivants, n’ayant pas lu beaucoup sur le sujet et n’ayant jamais pensé analyser les paroles de façon globale, sur 3 albums. De ces trois là, je préfère sans aucun doute Mechanical Animals, qui se démarque de tout le reste de la carrière de Manson avec ses chansons plus douces et plus plannantes. Seules Rock Is Dead et Posthuman me semblent un peu hors contexte, mais l’album est sans aucun doute un des mieux travaillé et des plus expressifs. On sens que les paroles racontent une certaine réalité que vivent les auteurs: l’enfer de la drogue et les misère du monde contemporain.

    Great Big White World: Tentation

    The dope show: L’émerveillement

    I don’t like the drugs but the drugs like me: Ironiquement, le bridge de cette chanson dit: There’s a hole in our soul that we fill with dope, And we’re feelin’ fine. Donc: Non-acceptation de la dépendance.

    Quelle fin d’album: On nous balance Last Day On Earth, qui sert de lettre de suicide, et ensuite Coma White, qui précise la nature de la mort (A pill ti make you numb, A pill to make you dumb, A pill to make you anybody else).

    En tout les cas, je te laisse analyser sa toi même.

    PROCRASTINATE

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